• Le train des soupirs - 8

    Sommaire

    Le désir

     

    (Sarah)

     

    • Oui, excusez-moi, nous avons commencé à discuter et je ne vous ai pas dit non plus mon prénom : je suis enchantée de vous avoir rencontrée et je m’appelle Sarah. Je dois vous avouer que si je vous ai dit tout à l’heure que, l’espace d’un instant, je désirais que vous m’embrassiez c’était parce que je ne voulais pas vous choquer, ni non plus que vous me preniez pour une femme facile.

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    • Je ne savais pas ce qu’il en était pour vous mais en fait j’aimerais beaucoup plus qu’un simple instant. Même si je n’arrive pas à le formuler aussi directement que vous, j’aimerais aussi que l’on soit seul dans ce train, que le temps s’arrête et que nous puissions nous découvrir l’un et l’autre, sentir mes mains sur vos épaules, vous laissez m’embrasser puis vous caresser doucement la nuque, continuer, et enfin arrêter de penser pour ne se laisser vivre qu’au rythme de nos sensations. Mais c’est clair que pour un premier contact, le lieu n’est pas forcément le mieux indiqué.

    Soudain les haut-parleurs grésillent. Un message indique que les contrôleurs vont venir distribuer des couvertures pour passer la nuit. Le chauffage ne fonctionne pas et en effet la température baisse de plus en plus.

    Le contrôleur passe. Hélas il ne va pas y avoir assez de couvertures pour tout le monde. Nous sommes quatre dans le wagon, trois hommes et moi. Il ne lui en reste que trois. Peut-être est-ce à cause de la main que Dominique a posé sur mon genou, le contrôleur nous prend pour un couple. Il nous demande alors si cela ne nous dérange pas d’avoir qu’une couverture pour nous deux.

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    Sa méprise me fait sourire. Il prend cela pour une acceptation de notre part.

    • Mince je n’ai pas envie que vous repartiez à votre place ! Cela vous dérange-t-il de rester ici près de moi. Nous passerons au moins cette nuit ensemble. En plus, la distribution a déjà eu lieu à votre autre place et vous aurez froid. Si vous le souhaitez, nous partagerons cette couverture ?

     

    (Dominique)

     

    Elle s’appelle Sarah… Quel joli prénom, cela lui va à ravir. Elle aussi semble ne pas être insensible à cette première rencontre. J’en suis tellement heureux. Comment retenir le temps et le faire planer au-dessus de nous ?

    La voix dans le haut-parleur semble avoir entendu mon espoir. Le contrôleur nous tend cette couverture qui sera le témoin de notre première nuit ensemble. Espérons que ce ne soit pas la dernière. Il n’en tient qu’à moi ! Nous serons ainsi obligés d’être proches l’un de l’autre pour ne pas avoir froid. Très proches…

    Le sourire qu’elle offre au contrôleur me rend un peu jaloux, mais en un instant son regard retrouve le mien et tout se dissipe. Je suis là, ma main sur son genou, tout contre elle. Enfin, son parfum remonte à mes narines. Il m’enivre comme si j’avais un peu bu. Quelle senteur ! Je connais enfin le paradis.

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    Je lui chuchote à l’oreille :

    • J’espère que le fait d’être collé à vous ne vous dérange pas trop. J’avoue apprécier cette situation Sarah.

    Avant de quitter son oreille, je me permets de lui embrasser le lobe furtivement. Elle me sourit. Ma main rejoint la sienne sous la couverture. Je l’avais deviné : sa peau est douce comme la soie. Je ne me lasse pas de caresser chacun de ses doigts, lentement, en les effleurant. Elle semble timide mais laisse sa main contre la mienne. Je sens même ses doigts bouger.

    Nous sommes sous la veilleuse de sécurité qui diffuse une faible clarté suffisante pour voir le visage illuminé de Sarah. Une lueur brille dans ses yeux, sans doute de la joie mêlée à du désir… Du moins je le pense ! Le calme a drapé le wagon dans une torpeur annonçant la nuit. Je ne peux que remercier cette panne qui me comble d’un tel moment.

    Je la sens plus détendue, collée tout contre moi. Je me tourne doucement vers elle et pose ma bouche dans son cou. Je l’embrasse tendrement, doucement, sensuellement. Mes lèvres s’entrouvrent afin de laisser passer la pointe de ma langue qui butine son joli cou. Elle se tend et se relâche. Son corps bouge sensiblement sous ma bouche, je sens qu’elle est très réceptive, proche de l’abandon ou du sommeil…

    • Sarah ! J’ai très envie de vous embrasser…

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      À suivre : Partie IX de XII

     

     

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