• Le train des soupirs - 6

    Sommaire

    La déclaration

     

    (Dominique)

     

    En ouvrant la porte des toilettes, je ne me retourne pas. S’en est-elle aperçue ou pas ? Quoi qu’il en soit, je me dois de conserver mon calme. Je me lave les mains avec une eau bien froide, m’aidant ainsi à me remettre les idées en place. De toute manière, même si j’avais voulu utiliser l’eau chaude, je ne le pouvais pas, le robinet étant cassé.

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    Je laisse donc l’eau couler sur mes mains, et malgré moi je ferme les yeux. Je ne peux m’empêcher de penser à sa chevelure, les courbes de son corps quand elle s’est penchée, ce bas laissant apparaître une peau que je devine douce, chaude, si attirante. J’aurais aimé être sa main pour me placer sous sa jupe, frôler sa peau et remettre le morceau de tissu en place. Je n’ai qu’une envie : la prendre dans mes bras, la sentir contre moi.

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    Mes yeux s’ouvrent. Combien de temps suis-je resté enfermé ? Cinq minutes ? Dix ? Il me faut sortir et la rejoindre. Mais voilà : mes pensées ne m’ont pas aidé à retrouver un aspect « normal ». Peu importe. J’ouvre la porte des toilettes, et glisse la main dans ma poche.

    Je la vois sur son siège, la tête basculée en arrière, les yeux fermés. Il me semble apercevoir un léger sourire sur son visage. Est-elle en train de rêver ? Mais à quoi peut-elle songer ? Elle est encore plus magnifique, plus fragile, plus désirable. J’avance très lentement pour pouvoir profiter de cet instant. Quelle femme ! J’aimerais tant m’approcher d’elle, passer mes mains dans ses cheveux, la réveiller tout doucement pour qu’elle puisse garder ce merveilleux sourire.

    Lui sourire à mon tour, échanger des histoires sans parole à travers nos regards. J’aimerais l’aider à se lever, l’attirer à moi, l’entourer de mes bras, et laisser son parfum me rendre fou.

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    Je suis maintenant arrivé à ses côtés. Elle n’a pas bougé. Je vois le rythme de sa respiration faire gonfler sa poitrine. Je dois oser au risque de le regretter toute ma vie.

    Je m’assieds à ses côtés. Elle ouvre les yeux :

    • En revenant à ma place, j’ai eu une vision de rêve : vous, endormie, souriante. Veuillez excuser mon audace, mais je ne puis rester comme ça sans vous le dire. Je vous trouve merveilleusement attirante, et depuis tout à l’heure vous hantez mes pensées. Croyez-moi, je n’ai pas pour habitude d’accoster les inconnues de la sorte, mais je sens comme une force intérieure qui me pousse à vous le dire.

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    Elle sourit, mais ne dit rien. Tant pis, je lui dévoile tout :

    • Je dois vous avouer que, malencontreusement, je vous ai vu remettre votre bas à travers le miroir. Oh ce n’était pas fait intentionnellement, et j’ai d’ailleurs détourné le regard immédiatement. Quoi qu’il en soit, l’image est restée imprimée dans ma tête et je n’arrive pas à l’en déloger. J’ai tellement envie de prendre votre main, d’embrasser vos yeux, votre nez, votre cou, et votre bouche si joliment dessinée. Je suis vraiment désolé. Si je vous gêne, juste un simple mot de votre part, et j’irai à une autre place et ne vous importunerai plus.

     Mon souffle s’arrête. Je reste suspendu à ses lèvres, que va-t-elle me répondre ?

    Le train des soupirs - 6

     

    À suivre : Partie VII de XII

     

     

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