• Le train des soupirs - 4

    Sommaire

    Premiers pas

     

    (Dominique)

     

    Cela fait maintenant une bonne heure que nous sommes arrêtés et que je suis assis près de cet ange.

    Le train des soupirs - 4

     De prime abord, sa beauté ne m’avait pas sauté aux yeux. Il faut dire qu’elle cachait sa tête dans ses mains. C’est quand nous conversons en tête à tête, nous regardant que je m’aperçois de sa beauté. Continuant à parler de ces fichus trains qui n’arrivent jamais à l’heure, je lui glisse que, pour une fois, je ne suis pas mécontent que la SNCF ait pu avoir du retard :

    • Au moins cet incident me permet de faire votre connaissance !

    À ce moment, enfin un large sourire illumine sur son visage.

    Le train des soupirs - 4      Corrigé

    Là je me dis : « Quelle chance as-tu ! Tu viens de découvrir un Ange ! »

    Cela à un effet bien agréable : je ne ressens plus le froid qui envahit le compartiment, mes soucis sont chassés de ma tête, obnubilé par cette femme. Je n’ai qu’une envie, que ce train ne reparte pas… Pas encore.

    Une douce moiteur traverse mon corps, surtout en la voyant porter ce lourd manteau et cette écharpe. Les grands esprits se rencontrant, c’est le moment où elle me dit :

    • Il fait chaud non ? Permettez-moi d’ôter mon manteau !

    Je me lève. Elle me tourne le dos c’est alors que je pose mes mains sur ses frêles épaules afin de l’aider à retirer ce vêtement.

    Le train des soupirs - 4

    Son parfum m’enivre encore plus. Ses longs cheveux tombent sur ses reins, ajoutant un charme fou à sa silhouette.

    Elle s’occupe de son écharpe. En lui retirant son manteau, je vois son cou… Je reste ébahi devant cette nuque si attirante. Mon regard ne peut s’en défaire, sa peau a l’air si douce, si attirante. Vite je dois réagir, elle va s’apercevoir de quelque chose et je ne veux pas que cet instant magique soit gâché.

    Je prends son manteau et le pli le plus délicatement possible pour le placer dans le porte-bagages : « Surtout ne la regarde pas. Reste discret ! »

    Ne pouvant me contenir, je la vois du coin de l’œil replacer ses vêtements. Je n’ai qu’une envie, celle de me retrouver avec elle. Les lui ôter un à un, doucement, sensuellement, éveillant ses sens…

    En rangeant avec soin son manteau, c’est comme si mon cerveau ne contrôlait plus rien. Instinctivement, mon regard se porte sur le miroir du wagon, qui laisse apparaître un bas plissé. Je détourne les yeux aussi rapidement que possible, priant le ciel qu’elle ne se soit aperçue de rien. Mon cœur bat la chamade. Ce bas, cette jambe, cette peau délicate, cette envie de la serrer dans mes bras, goûter sa peau, l’effleurer…

    Le train des soupirs - 4

    Le souci est que, non seulement mon esprit va à mille à l’heure, mais que cela a des répercussions sur mon état physique. Surtout faire comme si je ne remarquais rien.

    Ayant terminé mon rangement consciencieux, je décide de ne pas m’asseoir à nouveau à ses côtés mais en face d’elle. Elle me demande :

    • Et vous, êtes-vous Amiénois ?

    • Non, je vais rendre visite à de la famille et me ressourcer un peu. Veuillez excuser ma curiosité mais je voudrais vous poser une question. Mais si celle-ci vous dérange, vous n’êtes pas obligée d’y répondre !

    • Allez-y !

    • Comment se fait-il qu’une personne aussi ravissante que vous, ne soit pas accompagnée ?

    Son visage perd alors son sourire. Elle respire, je la sens gênée :

    • Je suis désolé, je ne voulais pas vous embarrasser, oubliez ma question…

    • Non non, je vais vous répondre. C’est juste qu’en ce moment ma vie soit un peu compliquée.

    Ouf, son sourire revient. Je me sens libéré et en même temps ravi qu’elle ne me dise pas qu’un homme l’attend quelque part. Mon cœur repart de plus belle. J’ai peur qu’elle voie cette bosse sur mon pantalon que j’essaie de dissimuler autant que faire se peut. Je dois faire quelque chose :

    • Permettez-moi de m’absenter un instant, je dois aller aux toilettes…

    • Mais évidemment il n’y a pas de soucis.

    Je me lève en me tortillant, persuadé qu’elle avait bien vu… Mais non tu te fais un film, elle n’est pas ce genre de femme… Il faut que je me calme… Je me dirige vers les toilettes tout à l’autre bout, sentant son regard m’accompagner ou du moins l’espérant !

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    À suivre : Partie V de XII

     

     

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