• L'entreprise de 300 employé(e)s - 5

    Sommaire

     

     LE CONTRAT

     (Patrick)

     

    Je l’écoutais comme un élève attentif. Dès que je comprenais qu’elle voulait bien de moi, un grand soulagement m’envahissait. Cette joie intérieure était quand même tempérée par de l’appréhension. Elle était forcément une directrice exigeante qui ne faisait pas de cadeaux! Son histoire d’habits de rechange en était une preuve bien curieuse.

    Elle continua avec son ton rabaissant, ton auquel, finalemnt, je commençais à m’habituer. Son expression : « très obéissant aux ordres que je vous donnerai » était sans aucun doute faite pour me rabaisser encore plus. Ses formules avaient le don de provoquer en moi des images particulières. Cette fois, je ne me voyais pas lui porter ses valises, ou nu à ses pieds, mais lui portant son café comme un toutou obéissant.

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    Je ne sais pas si c’était le soulagement, mais je ressentais un curieux sentiment d’excitation de devoir obéir à une femme qui avait une telle assurance. Il faut dire que plus je la regardais plus je me disais qu’elle était « bandante ». Je balbutiais presque:

    • Oui très bien ! Je vous remercie et je saurai, Madame, ne pas vous décevoir !

    Et en bon futur employé obéissant, je me permettais d’insister :

    • Je ferais de mon mieux, Madame pour que vous soyez satisfaite !

    • Parfait, je vais demander à quelqu’un de venir chercher votre dossier afin que votre contrat soir prêt pour lundi.

     Appuyant sur un interphone elle appelait :

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    • Pierre, pouvez-vous venir s’il vous plaît ?

     

    (Mme GRANDIN)

      

    Que j’étais bonne comédienne. Pierre entrant après avoir frappé, je regardais droit dans les yeux cet homme qui allait être mon nouveau collaborateur.

    Je le regardais tout en lui disant :

    • Vous voyez ! Pierre est une de mes meilleures recrues.

    À ce moment, Pierre, une vingtaine d’années, avançait les yeux rivés au sol dans une attitude de soumission, habillé en pantalon de cuir noir moulant, qui laissait clairement apparaître son absence de sous-vêtements, au-dessus sous une fine chemise de soie transparente nous pouvions voir deux piercings, un sur chaque téton.

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    Il s’adressait à moi avec déférence et respect :

    • Oui Madame, vous désirez ?
    • Veuillez préparer le contrat de travail de M. Élan Patrick, écrivez les mêmes clauses que dans le vôtre au niveau de l’habillement et de la flexibilité des horaires. Sinon pour le CDI vous prenez les termes en usage. Vous me le tapez en trois exemplaires, tout cela le plus rapidement possible je suis pressée ce soir…
    • Bien Madame ! Tout de suite Madame !

    Je faisais mine de travailler tout en le regardant le plus discrètement possible. Il me plaisait quand même beaucoup mais bon ne fallait-il pas que je m’en assure !

    Au bout d’une dizaine de minutes, Pierre revenait, toujours en frappant à la porte pour entrer, avec le contrat. Je le relisais rapidement et le tendais à Patrick. Tiens voilà que je l’appelle déjà Patrick… :

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    • Bon, je vous conseille de bien le relire et de le signer si vous êtes d’accord. Je le signerais après vous mais que si vous remplissez bien une dernière condition.

    Le temps qu’il relisait le contrat je l’abreuvais de paroles pour qu’il ne puisse pas se concentrer sur les termes. Je lui parlais de la société de long en large, lui posais quelques questions sur son sport favori etc..

    Finalement, il signait le contrat assez rapidement et il me le redonnait.

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    Je le prenais tout en continuant de parler :

    • Bon, si je signe Patrick vous commencerez lundi matin à 8 heures, vous passerez d’abord dans mon bureau et je vous ferais une visite guidée des services !

    Je voyais dans son regard de l’étonnement, se demandant pourquoi je ne signais pas encore. Je lui souriais d’un sourire gourmand tout en l’apostrophant à nouveau:

    • Bon, mais il reste une condition, je dois vérifier quelque chose !

    Et, sur un ton sec et rapide, je lui ordonnais:

    • Déshabillez-vous ! Là, maintenant !

     

    À suivre : Partie VI de XIX

     

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