• L'entreprise de 300 employé(e)s - 4

    Sommaire

      L'ENTENTE

     

    (Mme GRANDIN)

     

    J’attendais cinq bonnes minutes pour voir sa réaction en le détaillant des yeux : « Hum comme il semble agréable ! Il est prêt à le faire mais toutefois il ne le fait pas, il est suffisamment gêné pour baisser les yeux. Voilà donc un homme intéressant, qui saurait peut-être me conduire au-delà de mes plaisirs ». Parfois, j'ai des visions « subliminales » qui me passent par la tête!

     

     L'entreprise de 300 employé(e)s - 4

    • Bon, vous avez bien compris qu’il s’agissait d’une question au sens figuré. C’est bien. Vous savez dans la semaine, j’ai eu cinq candidats qu’ils l’ont fait sans aucune gêne. Mais ce n’est pas ce que je recherchais au prime abord chez ces assistants. Je cherche avant tout qu’il vienne au-devant de mes volontés même si elles sont cachées. Je peux très bien demander d’enlever votre chemise et en fait cela voudrait peut-être dire que je veux vous voir nu à mes pieds. Vous voyez ce n’est pas du tout pareil. Enfin je veux dire que parfois, il s’agit de métaphores et parfois de la réalité.

     

    Tout en prononçant ces paroles choquantes, je surveillais toujours sa réaction. En fait c’est bien d’elle qu’allait dépendre une bonne partie de mon jugement pour l’attribution du poste.

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    Au départ, je voulais le choquer un peu, histoire de faire tomber ses inhibitions mais je me suis surprise à penser que j’aimerais bien avoir un homme comme cela qui serait à mon service et qui serait prêt à tout pour me plaire. D’autant plus que cet homme-là avait quelque chose de très attirant, voire envoûtant. Je me serais presque laissée guider par lui mais ce n’est pas dans ma nature d’être soumise aux autres.

     

    (Patrick)

     

    Je ne savais plus où me mettre. Je n’avais jamais ressenti une telle déstabilisation. Son regard, accompagné de ses silences ainsi que son langage direct me paralysaient.

    Son « C’est bien » me rassura. Je n’étais pas tombé dans le panneau comme certains. Mais, à peine rassuré, sa phrase suivante me paniquait. Surtout ces mots : « Je veux vous voir nu à mes pieds », me retournèrent en un clin d’œil. Elle prononçait ces mots avec un regard tellement dominant, tellement puissant que je ne pouvais m’empêcher d’imaginer la scène. Il a y quelques minutes, je me voyais porter sa valise et maintenant je me voyais nu à ses pieds.

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    Un ultime effort me faisait croiser une fois de plus son regard. Je comprenais qu’elle avait fini de parler et attendait une réponse de ma part. Je ne savais que dire.

    • Oui, oui Madame, je comprends ! Vous savez je suis quelqu’un de très souple… Et j’ai, j’ai besoin, envie plutôt, de ce poste… Je, je ferais de mon mieux Madame !

    Tout en prononçant ces mots, les yeux fixant la moquette de son bureau, je me revoyais quarante ans en arrière où la maîtresse du cours préparatoire m’avait expliqué devant toute la classe qu’un grand garçon faisait pipi avant de rentrer en classe et qu’ainsi cela lui évitait de le demander devant tout le monde.

    Je n’osais plus relever la tête.

     

    (Mme GRANDIN)

     

    « Hum sa réponse m’échauffe les sens. Il est flexible et il a besoin de ce poste. Il devient donc de plus en plus intéressant. Sa vulnérabilité me touche, mon imaginaire va bon train, et je me dis que plus je le découvre et plus il est le candidat idéal, autant au niveau de l’entreprise qu’au niveau de mes envies personnelles. Il fera exactement ce que je veux pour peu que je sache y faire, que j’arrive à le persuader d’être en accord avec mes envies. »

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    • Bon M.. Élan (dis-je en vérifiant son nom sur le CV), effectivement vous semblez pour l’instant le meilleur choix pour ce poste, néanmoins avant de valider votre CDI, il faudra faire une période de stage probatoire de 12 mois avec un entretien mensuel d’évaluation. Enfin disons que pour vous, comme il y a longtemps que vous n’avez pas pratiqué, je pense qu’au départ, nous verrons une évaluation à chaque fin de semaine en ma présence, ici dans mon bureau. Je dois aussi vous signaler qu’ici il faut une tenue irréprochable et donc même si vous faites des travaux salissants, je vous conseille de prendre des vêtements de rechange. Je suis assez exigeante. J’aimerais que vous me fassiez régulièrement un compte rendu détaillé de vos activités avec une fiche d’horaire, que vous appliquiez à la lettre les consignes que je vous donne, en un mot que vous soyez très obéissants à mes ordres. Sinon le salaire net de démarrage est de 1 500 euros puis, selon vos motivations et votre entrain à exécuter les ordres vous serez augmenté au fur et à mesure. Je vous demanderais d’attendre quelques instants. Je vérifie certains détails mais je dois dire que je suis vraiment tentée de vous avoir sous mon aile.

    Je me plongeais dans mes dossiers pour le faire mijoter, pour ne pas trop montrer mon empressement...

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    ... puis :

    • Voilà si vous en êtes d’accord, je fais taper votre contrat sur le champ. Je vous engage. Il ne vous restera plus qu’à signer. Vous commencez lundi prochain.

     

    À suivre : Partie IV de XIX

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 25 Janvier 2015 à 21:02
    Eau Méli hihihi…

    Images « subliminales » !
    Que c’est bien délicieux (J'adore ce mot: Tes délits m'emportent dans mes cieux) de laisser vagabonder son imagination dans ce très beau début de récit. Question que je me pose : « Où vas-tu nous emporter ? Est-ce un appel, du vécu… Peu importe… » Le tout est que tu nous captives, que tu nous mettes l’eau à nos bouches hihihi… Vivement la suite !
    Énormes Bisous Mme GRANDIN hihihi
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