• Chapitre III : Je deviens une femme.

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    Vendredi 4 mai 1984

    Cher journal

    Aujourd'hui, je suis restée à la maison car j'ai vomi ce matin et j'avais un peu mal au ventre... Cet après-midi,  cela s’est un peu passé. Mon père a quand même décidé d'aller au village voisin pour chercher quelque chose chez une de ses connaissances. Sachant que j'avais vomi, il n'a pas voulu me laisser seule à la maison. Je n'ai pas osé refuser de l’accompagner. Je suis montée dans la voiture mais j'avais toujours un peu plus mal au ventre...Je me disais que j’avais dû manger un truc qui ne passait pas.

    Arrivée chez le copain de papa, je demandais à aller aux toilettes. Quand je baissais ma culotte, je m'aperçus qu'il y avait une petite tache foncée sur le fond. J'essayais de voir ce que c'était et pour cela je retirais ma culotte.... Mince c'était du sang séché ! J'avais dû me blesser quelque part.

    J’entendais mon père qui m'appelait pour repartir. Je me rhabillais vite fait en mettant un petit morceau de papier toilette dans ma culotte pour éviter que cela ne traversa le pantalon et que tout le monde le voit.

     

    Chapitre III : Devenir Femmes

     

    Je remontais dans la voiture. Le long du trajet, je sentais des choses dans mon bas ventre... J'avais l'impression de sentir un petit liquide qui coulait. Je n'osais rien dire à mon père et je serrais les cuisses jusqu'à ce que nous rentrions. Ma seule hantise était que quelqu'un se rende compte de mon problème. De honte, je fermais les yeux et je priais pour que nous arrivions vite.

    Dès l'arrivée je filais dans la salle de bains..... ohhh, je m'aperçus que la tache s'était agrandie et qu'elle avait légèrement traversé mon pantalon. J’avais encore un peu plus peur et je ne pouvais toujours rien dire à mon père car j’étais trop gênée... Je m'asseyais fesses nues sur le bidet et je me rendis compte que par moment de petites gouttes de sang tombaient sur l'émail blanc. Ma peur diminuait car en fait cela ne saignait pas autant que cela.... Je restais là à attendre que ma grande sœur Sarah revienne du lycée....  18 ans, elle devrait pouvoir m'aider.

    Chapitre III : Devenir Femmes

    Quand je l’entendis passer devant la porte de la salle de bains, je l'appelais et lui demandais de venir. Je lui expliquais ce qui m'arrivait. Mais alors que je ne m'y attendais absolument pas, d'un coup, elle me colla une baffe. Je me suis mise à pleurer. Je n'ai pas compris ce que j'avais fait de mal et pourquoi elle me frappait comme cela. Je me suis alors dit que c'était sale ce sang coulant entre mes cuisses. Mais en même temps, ce n'était pas de ma faute. Alors ma sœur m'a dit : « Arrête de pleurer comme un bébé. Maintenant t'es une femme ».  Moi qui pensais : « Si c'est ça être une femme, ça craint trop ».  Puis elle est revenue en me disant de me laver, de me changer. Elle me tendit un paquet de serviettes hygiéniques. Elle me dit: « Tu verras, il y a une bande que tu décolles et tu mets cela au fond de ta culotte. Tu les changes dès qu'elles sont trop remplies. Ensuite cela coulera encore durant deux, trois jours et après ça revient tous les mois. »

    Vendredi 4 mai 1984

    Cher journal

     Je reviens de chez Anne Sophie. En fait vendredi 4, j'ai eu mes premières règles. Elle m'a tout expliquée bien mieux que Sarah...  Elles sont déjà finies pour ce mois car c'est le début.

    En fait Anne Sophie m'a dit que j'allais avoir des seins plus gros et des poils qui poussent encore plus en bas, que j'allais avoir un corps de femme. Et qu'une fois par mois j'aurai mes règles.

    Ça veut dire que je vais avoir du sang qui coule en bas et qu'il faudra que je mette des protections pour ne pas tacher mes culottes. Elle m'a dit aussi que les garçons allaient le voir et n'arrêteront pas d'être après moi. Je ne lui ai pas demandé d'explication, car je ne veux pas paraître une gourde devant elle. Alors je lui ai fait un sourire entendu.

    Je suis revenue de chez elle, et je suis allée dans la salle de bains. J'ai regardé mes seins et mon pubis. Je les ai touchés, mais je n'ai pas vu de changement par rapport à avant... Ils ont toujours la même taille et la même forme. Et en bas j'ai toujours les mêmes poils qu'avant. Mes lèvres en bas semblent plus grosses. Jai pris un miroir pour regarder. C'est la première fois que je regarde là. J'ai posé le miroir au sol et je me suis accroupie au-dessus.

    Chapitre III : Devenir Femmes

     J'ai voulu en voir plus, alors j'ai écarté mes lèvres avec mes doigts. Au dessus, il y a un petit renflement. Quand j ai posé mon doigt à cet endroit, ça m'a chatouillée et j'ai eu l'impression que l'intérieur de mes lèvres brillait plus. Mais je n'ai pas pu continuer, car mon abruti de frère voulait la salle de bains pour se laver les dents. Heureusement, j'avais fermé la porte à clé !

    Sinon, Anne Sophie m'a dit aussi que, maintenant que j'avais le droit de sortir, nous pourrions allez aussi au ciné demain. Il y a un super film qui repasse au cinéma de quartier c’est la Boum 2. J'adore Pierre Cosso celui qui joue Philippe Bertier, le copain de Vic dans le film. Il est trop beau. Il ressemble à Luc. Je sais qu’il va au même collège que Anne Sophie. L'année prochaine, peut-être que je vais le voir plus souvent, comme je vais allez dans le même collège que lui.

    Mes parents m'ont dit qu'ils ne voulaient plus que j'aille au collège St Exupéry, cela revient trop cher en autobus. À la rentrée, je vais donc au collège des Marronniers celui d’Anne So. J'ai trop hâte d'y être ! Avec elle, nous serons dans la même classe peut-être en 3ème. Quand j'ai annoncé à mes copines de  St Ex que j'allais aux Marronniers, elles m'ont inquiétée un peu en me disant que ce bahut à mauvaise réputation par rapport à St Ex. et que ça craignait trop là-bas ! Que c'était trop mal fréquenté et pleins de racailles. Mais, je me dis aussi qu'elles exagèrent. Car c'est quand même mon quartier et je ne trouve pas qu'il craigne tant que ça.

     

    En plus, c'est là que va Luc. Je le vois parfois dans le quartier.  Je le trouve cool. Il est grand et beau avec ses yeux bleus clairs et j'aimerais trop le voir plus souvent. Tout le temps même !  Je m'endors en imaginant que je suis avec lui à un concert. L'autre nuit, j'ai rêvé qu'il me prenait dans ses bras pour m'embrasser Après c'était bizarre… Comme si ces bras devenaient les branches d'un arbre et j'étais toute enroulée dedans et je voulais encore plus être enroulée. Et quand, je me suis réveillée le matin, en fait je me suis rendue compte que j'avais dormi en serrant fort mon traversin avec mes bras et mes jambes.

     

    Dimanche 6 mai 1984

    Cher journal,

    Avec Anne Sophie, hier nous sommes allées voir la boum 2, c'était super, il y a une scène comme dans mon rêve ou Vic et Philippe s'embrassent pendant un concert...Je me suis endormie en pensant encore à Luc qui me serrait dans ses bras, il n'arrêtait pas de m'embrasser sur la bouche. Il me faisait des petits bisous dans le cou et me caressait tendrement les épaules au travers de ma fine chemise.

     

    Chapitre III : Devenir Femmes

     

     Je me suis réveillée en pleine nuit en nage, la chemise de nuit remontée jusque sous les bras. J'avais les seins qui me tiraillaient, ils étaient gonflés et les deux bouts étaient tous durs. En bas, je ressentais de la chaleur à mon entrejambe et mon sexe me chatouillait. Je n'arrêtais pas de vouloir serrer les jambes pour que cela passe. Je me suis aperçue alors que le traversin avait glissé entre mes jambes et qu'il  était tout mouillé, ainsi que ma culotte aussi. J'ai vite retiré la taie du traversin, et ma culotte pour aller les mettre au fond de la machine à laver afin que personne ne s'aperçoive de rien.

    Je suis revenue tout doucement dans la chambre que je partage avec Sarah. De peur de la réveiller, je n'ai pas pu remettre de culotte propre ni de taie de traversin. Je me suis couchée comme cela. Et j'ai senti que le traversin avait une drôle d'odeur. Demain il faudra que je lui remette une taie propre.

    C'était trop bizarre. Mais c’est peut-être sale ce qui m’est arrivée. Je ne vais pas en parler à Anne So.

     

     

    Chapitre III : Devenir Femmes

     

    Lundi 4 juin 1984

    Cher journal

     

    Ca y est, j'ai encore mes règles. Hier, j'avais eu un peu mal au ventre, mais moins que la dernière fois. Je n'ai pas pensé que ça allait être cela.

     

    Ce matin, j'étais un peu énervée, j'avais un peu mal aux seins aussi, puis en math à 10 h, j'ai senti que ça allait recommencer ! Trop la honte !, Je suis devenue toute rouge jusqu'aux oreilles pour demander à Mr Mourad pour sortir. Au début j’ai cru qu'il allait me dire non. Mais quand il a vu ma tête il m'a demandé ce qui m'arrivait. Je lui ai répondu encore plus rouge que j'avais mal au ventre et que je voulais allez à l'infirmerie. D'un ton sec, il m'a dit que je pouvais sortir, mais qu'il ne fallait pas abuser et que je fasse vite. Je suis allée en vitesse aux toilettes pour mettre d'abord du papier par sécurité car l'infirmerie se trouve au troisième étage et pour y aller il faut prendre l'escalier...

     

    Chapitre III : Devenir Femmes

     

    Je suis montée les jambes serrées pour être plus sure. J'ai expliqué à Ginette notre infirmière que j'avais mes règles, mais que je n'avais rien prévu, car c'était la deuxième fois. Je lui ai demandé si elle n'avait pas des protections. Elle m'a demandé : "serviettes ou tampons".

    Je lui ai dit : "c'est quoi les tampons". Elle m'a expliqué que c'était une protection que l'on mettait dans le vagin et cela venait absorber le liquide. Elle m'a demandé si j'étais encore vierge car pour les vierges, il en existe des minis, mais il se peut qu'au début cela fasse un peu mal. Il faut que le tampon passe qu'en même par l'hymen et il se peut que l'on se déflore uniquement comme ça si on le met mal.... J'ai dit que j'y réfléchirai plus tard, que je préférais des serviettes pour le moment. .Elle m'a donné un petit dépliant qui explique tout et elle m'a aussi conseillé d'aller chez un gynécologue pour faire un contrôle.

     

    À suivre: Chapitre IV

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 1er Octobre 2014 à 00:26
    C’est toujours un réel plaisir que de te lire. Nous connaissions tous, nous les mecs, nos premiers émois faits d’abord de moqueries à votre égard avant de devenir plus sérieux, ces périodes de flirts plus ou moins poussés dans les fameuses boums.
    Ce journal est intéressant de par la vision féminine que tu nous livres. Ton récit au style fluide, mi-sérieux, mi-coquin nous ouvre les portes d’un univers méconnu pour les garçons. Ils nous situent bien aussi dans une autre époque que celle d’aujourd’hui où il ne reste plus de place trop aux mystères de la vie souvent erronés car tout le monde aujourd’hui donne son avis sur tout et donc sur rien bien souvent. Il faut donc bien replacer ce récit à son époque, ce que tu réussis bien à nous faire vivre.
    Je me disais que nous, les garçons, étions souvent les seuls à avoir ce côté voyeur, ce côté de masturbation. Ton témoignage me réconforte dans la vision que vous n’êtes pas si différentes, juste plus pudique, plus réservée, plus sage…du moins à cet âge.
    Je sais que tu as beaucoup hésité à publier ce texte inédit. Je suis fier que tu aies eu la volonté de le publier sur Hotviber et surtout pas ailleurs, site qui ne te méritait pas. Ce récit j’ai été le premier à t’encourager pour que tu le publies. Je suis heureux pour toi de connaître la joie que tu as à le publier. Il le mérite comme tu mérites ces propos. Pour moi il représente beaucoup ta liberté de vivre, ta sérénité retrouvée.
    Coucou à Anne So qui je le sais aussi est de jour en jour plus heureuse. Son silence en témoignerait-il ?
    2
    Mercredi 1er Octobre 2014 à 22:24
    Oui, Yahto, les garçons n'ont pas le monopôle des pensées coquines...Les filles aussi sont travaillées par leurs hormones. Je suis heureuse de pouvoir publier enfin ce journal intime retrouvé qui nous as fait tant rire avec Anne So
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